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Rêves de chaîne Documentaire (26’)

de Joyce SEBAG et Jean-Pierre DURAND

Documentaire (26’) produit par 
CentrePierre Naville, University d'Evry 
 

Les deux réalisateurs, sociologues et spécialistes de l’industrie automobile, ont voulu présenter sous la forme audiovisuelle les résultats de leurs travaux de recherche sur l’organisation du travail à Nummi (Californie). Cette usine est un joint-venture entre General Motors et Toyota, ce dernier ayant repris le site et la majorité des ouvriers de GM à partir de 1988 pour produire des véhicules distribués sous les deux marques.

Le film interroge le Toyota Production System et en particulier le teamwork pour comprendre en quoi il transforme la relation des ouvriers-monteurs à leur travail. Sur les images de la chaîne, les membres d’un groupe de travail, des team leaders et un group leader exposent comment ils négocient leurs conditions et leurs rythmes de travail, comment ils vivent leur travail et comment leur quotidien s’ajuste aux exigences de la production d’une part et aux aptitudes concrètes des hommes et des femmes d’autre part. Par ailleurs, les rapports sociaux de sexe ont été quelque peu modifiés, nombre de femmes accédant à la fonction de team leader ; trois  d’entre elles expliquent les problèmes rencontrés dans le commandement des hommes. 
Le suivi du travail et les interviews montrent aussi en quoi, près de San Francisco, l’industrie automobile constitue un mode d’intégration des diverses communautés mexicaine, asiatiques, afro-américaine et américaine d’origine protestante. En même temps, le film donne à voir les transformations du syndicalisme et l’évolution de l’United Automobile Workers qui a dû accepter les conditions de Toyota pour exister tandis qu’une partie des ouvriers se détache des revendications (le salaire horaire brut dépasse les vingt dollars).

Enfin, les ouvriers, les ouvrières et les team leaders font état de leurs projets professionnels ou personnels, fortement éclatés et pas toujours liés à l’usine qui les accueille aujourd’hui : la vidéo, à la différence de l’écrit, capte et rapporte la complexité des rapports sociaux que les chercheurs ne peuvent plus ordonner à leur guise. Autant dire que l’exposé gagne en nuances et que le spectateur doit alors tenir sa place dans l’interprétation sociologique.