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Appel à contribution - Les Mondes du Travail n°18

Appel à contribution pour le numéro 18 des Mondes du travail

La mer et ses marins.

Approches interdisciplinaires sur le travail des marins

 

Date limite : 6 janvier 2016

 

Parmi les univers sociaux du travail peu connus de la sociologie du travail, le milieu des marins reste assez inexploré. Pourtant, un tel secteur pose de redoutables questions tant méthodologiques qu’épistémologiques à la sociologie du travail. En effet, l’univers des marins comme l’avait montré l’ouvrage de Rudy Armand (2011) est un milieu difficile d’accès à cause de ses caractéristiques sociales et économiques. Le travail en bateau par définition se réalise pendant des périodes plus au moins longues. Il se décline selon une série de différenciations liées au type de bateau ou à l’activité (commerciale, tourisme, pêche, etc.). La confrontation à un environnement par définition difficilement maîtrisable accentue les fluctuations en termes de configurations relationnelles. C’est ainsi que les travaux sociologiques ont accentué cette difficulté et pour certains sont restés « autour » du travail s’attachant à décrire et analyser les modes de vie (Armand 2011) ou à s’interroger sur la difficile cohabitation entre marins militaires et chercheurs (Dufoulon, Saglio, Trompette, 1999) pour mieux comprendre la « production sociologique » ainsi que la question des identités et la féminisation (Dufoulon, Saglio et Trompette, 1998, Guichard-Claudic, 2006).

 

 

 

Pourtant, la connaissance de l’activité de travail des marins permet d’explorer non seulement un nouveau monde mais également des dimensions essentielles à la connaissance de l’activité de travail. Le travail à bord des navires soulève les questions de la stabilisation et la prise de risque (Flécher 2014) ou encore des effets genrés lorsque l’équipage est composée d’hommes et de femmes dans un monde traditionnellement masculin (Stevanovic, 2014). En même temps, le secteur de la marine, notamment marchande, a été un des premiers secteurs à s’internationaliser. Depuis sa naissance ou presque, il se fonde sur les échanges internationaux. Par conséquent, ce n’est pas tant son internationalisation que les modifications profondes de son organisation qui sont en cause ces dernières décennies. En effet, ce secteur a traversé de profonds bouleversements tant en matière technologique, économique qu’organisationnelle. Ces transformations ont affecté durablement l’organisation du travail à bord des navires et soulèvent une série de questions sur leurs effets en termes de conditions de travail et notamment pour les risques psycho-sociaux dans des univers clos et hermétiques. Comme l’avait montré Lionel Honoré (2008) dans ces nouvelles incertitudes les officiers français de marine tentent d’être efficaces pour conserver une identité professionnelle mise à dure épreuve. Comment dans ces circonstances l’activité de travail des marins est-elle affectée ? Observe-t-on des mécanismes similaires ou identiques de régulation du stress ou des systèmes de défense ? Dans un milieu où le discours « fataliste » à première vue est spontanément évoqué (Daubas-Letourneux, 2012) ne peut-on rendre comptes des constructions sociales à l’œuvre et de leurs effets sur la santé des marins ?

 

Le présent appel souhaite réunir des contributions permettant de comprendre au mieux les processus à l’œuvre dans l’activité maritime ; comprendre et cerner les transformations du secteur par exemple en termes d’évolution de conditions d’emploi. L’analyse de la cohabitation des équipages peut être également une piste d’analyse intéressante en termes des statuts (officiers, matelots, etc.), d’appartenances nationales on pense ici aux relations et aux rapports sociaux pouvant structurer les activités entre les différents membres de l’équipage, en termes de nature de l’objectif (scientifique, militaire, marchand, etc.), ou encore de genre. Seront également appréciées des contributions pouvant analyser la manière dont le stress, le harcèlement ou les violences font l’objet d’une régulation dans l’activité de travail des marins. Les contributions présentant des analyses fines de l’activité de travail en bateau seront aussi appréciées.

 

 

 

Les articles sont attendus pour le 6 janvier 2016 et doivent être envoyés sous format Word à Jorge Muñoz (Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.) et à Julien Choquet (Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.).

 

 

 

Recommandations aux auteurs

 

Les articles proposés sont soumis à trois membres du conseil scientifique pour accord, révision ou refus de publication selon la méthode de l’évaluation où tant les auteurs que les évaluateurs sont anonymes. Les articles qui répondent à l’appel à contribution pour le dossier sont d’abord révisés par le conseil de rédaction avant d’être soumis au conseil scientifique.

 

 

 

Présentation générale

 

Le texte est saisi en simple interligne Les titres des chapitres sont numérotés selon la numérotation internationale (1. ; 1.1. ; 1.1.1., etc.). Les tableaux, avec leurs titres, et les figures, avec leurs légendes être intégrés dans le corps du texte. Les ponctuations propres à chaque langue doivent être utilisées (point-virgule, deux-points, point d’interrogation et point d’exclamation ne sont jamais précédés d’espace en anglais), les parenthèses et les crochets ouvrants et fermants sont collés aux mots qui les suivent ou les précèdent, quelle que soit la langue. Les accents doivent être mis sur les grandes capitales.

 

Aucun article ne doit excéder 40 000 signes (espaces et notes incluses). Références bibliographiques

 

Dans le texte, les références sont citées dans le texte entre parenthèses : (Ramaux, 2005 : 25-29), (Kabeer, 2002 ; Farcy et Roussel, 2002). La liste des références bibliographique est non numérotée et organisée par ordre alphabétique en fin d’article par noms d’auteurs et par ordre chronologique pour un auteur donné. Toutes les références de la bibliographie doivent correspondre à des références citées dans le texte, et vice versa. Le style et la ponctuation des références sont conformes aux modèles illustrés dans les exemples suivants :

 

Article de revue: Doray, B. (1998), « Temps et mémoire de la production industrielle », in Territoires du Travail, n°1, pp.15-25.

 

Ouvrage: Mariotti, F. (2005), Qui gouverne l’entreprise en réseau ?, Presses de Sciences Po, Paris.

 

Chapitre ou article d’ouvrage collectif avec coordinateur: Freyssinet, J. (2002), « Modes d’accumulation du capital et nature du rapport salarial : une nouvelle dialectique ? ». In : Dockès, P. (éd.), Ordre et désordres dans l’économie-monde, PUF, Paris, pp. 55-80.

 

Figures et tableaux: Les figures et tableaux seront numérotées en chiffres arabes et seront indexés dans le texte par rappel de leur numéro (figure 1, tableau 1). Les tableaux seront saisis dans Word ou Excel et ne doivent pas comporter plus de 60 caractères par ligne. Si les figures sont transmises sur disquette, elles doivent être enregistrées au format TIFF (600 dpi).