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Sociologie visuelle et filmique

Emilie Balteau, Jean Breschand, Olivier Caïra, Sylvia Calle, Grégory Cohen, Jean-Pierre Durand, Hanane Idihia, Christine Louveau, Jérémie Moualek, Manon Ott, Monique Peyrière, Joyce Sebag, Alexandra Tilman, Réjane Vallée, Virginie Villemin.

 

La maîtrise de l’écriture documentaire est un élément essentiel de la valorisation de la recherche mais aussi de la démocratisation de celle-ci en tant que pratique et diffusion. Le documentaire constitue de ce point de vue un support efficace pour des débats sur les problématiques proposées.

Filmer et chercher, questionner en filmant. L'ambition est, en développant une telle approche, de participer et de contribuer aux travaux en cours sur les pratiques audiovisuelles de recherche et la reconnaissance de l'audiovisuel comme langage de recherches dans les sciences humaines et sociales.

Le sociologue-documentariste, immergé dans sa société, doit à la fois interroger les évolutions historiques de la signification de l’usage des images et les voies de traduction des « idées » en images. D’où cet ensemble de questions qui anime les chercheurs :

- qu’est-ce que filmer la réalité sociale aujourd’hui ? Comment l’écriture ou les écritures de la télévision pénètrent-elles les écritures cinématographiques et plus particulièrement documentaires ? Quel est l’effet du « formatage télévisuel » sur les pratiques dans le documentaire scientifique ?

- quel est le statut de l’image et du son en sociologie ? Dans la culture scientifique occidentale, l’image est longtemps restée associée à l’absence de/ou à la faible maîtrise de l’écrit. Notre propos est de conjuguer les interrogations d’ordre théorique sur les résistances persistantes à l’usage de l’image en sociologie et les questionnements d’ordre pratique sur les apports et les limites des expériences qui ont été menées à ce jour dans ce champ.

 

Si la conceptualisation apparaît comme le moyen le plus adéquat de produire une analyse, que devient le concept au sein d’une sociologie visuelle ? En proposant de nouvelles écritures visuelles et sonores, il s’agit :

- de s’interroger sur la transformation de la sociologie par l’usage intensif de l’image et du son dans la restitution des résultats scientifiques

- de questionner le documentaire sociologique sur ce qu’il peut dire qui échapperait à un exposé par le texte écrit.

- de se demander comment il le dit. C’est-à-dire, avec quels dispositifs au tournage et au montage (à travers l’image et le son) le documentaire montre des faits et des situations, exprime des sentiments ou conduit à des perceptions qui n’apparaissent pas dans les écrits.

- de favoriser de nouvelles expérimentations en termes de contenu et de participation des populations concernées par les thématiques présentées ci-dessous.

 

Le Centre Pierre Naville anime le GT 47 de l’Association française de Sociologie et soutient la revue Images du Travail, travail des images. Tous les thèmes de recherche énumérés convergent dans les projets suivants :

- La place du terrain et des faits sociaux dans la sociologie filmique : peut-on y voir une émancipation par rapport à l’imprimé à partir des formes de restitution du documentaire sociologique ?

- Réflexivité des « acteurs » et des sociologues-cinéastes : quelle place donner aux « acteurs » et à leur expérience sociale face à la caméra ? Quelle participation —sous quelles formes ?— et quels rôles dans la réalisation, le cadrage et le montage afin que l’expérience des individus contribue à l’analyse des phénomènes sociaux ?

- Le statut de l’entretien filmé : favoriser une forte réflexivité des personnes interviewées par rapport à leurs expériences, à leur vécu afin de donner corps à leurs pratiques.

- Le projet « Fiction et documentaire: regards critiques, regards ludiques. La réflexivité en pratique dans l'audiovisuel » propose de questionner la place des goofs (erreurs dans les films) dans le cinéma de fiction et le cinéma documentaire.